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La compagnie nationale des hydrocarbures a conclu jeudi un accord de coopération avec la société indonésienne Pertamina qui doit lui permettre d'accroître sa production.

La lune de miel entre l'Algérie et son pétrole se poursuit même si de temps à autre des orages tendent à perturber une histoire qui dure depuis son accession à l'indépendance. C'est le cas lorsque le secteur des hydrocarbures qui constitue le «bras armé» de son économie est chahuté par la dégringolade des cours de l'or noir. Une situation qui a prédominé depuis la mi-juin 2014 avant que les prix ne repartent à la hausse tout récemment. Ils ont franchi la barre des 60 dollars le 27 octobre dernier pour se hisser à leurs plus hauts niveaux depuis le mois de juillet 2015.

La locomotive qui a toussé pendant pratiquement toute cette période donne l'impression de vouloir redémarrer. Un indice? La compagnie nationale des hydrocarbures a conclu jeudi un accord de coopération avec la société indonésienne Pertamina qui doit lui permettre d'accroître sa production. Un nouveau jalon dans le partenariat entre les deux sociétés après le mémorandum d'entente et de coopération qu'elles ont signé en septembre 2016. Le document paraphé par le patron de Sonatrach, Abdelmoumen Ould Kaddour, et son homologue indonésien de Pertamina, Manik Massa définit les axes de coopération arrêtés conjointement par les deux compagnies et précise les mécanismes de leur mise en œuvre en Algérie et en Indonésie ainsi que dans d'autres pays, indique-t-on.

Cet accord confirme la volonté de Sonatrach et de Pertamina «de renforcer le partenariat existant à travers l'identification de nouveaux axes de coopération et d'asseoir un cadre favorable pour la concrétisation des opportunités identifiées, notamment dans l'amont pétrolier», ont précisé les deux parties lors de la cérémonie de signature. Deux contrats seront finalisés vers la mi-janvier 2018 par les deux associées. En quoi consisteront-ils?

«L'un de ces deux futurs contrats concernera l'extension de l'usine de Menzel Ledjmet Nord (MNL) au sud-est de Hassi Messaoud lui permettant de disposer d'un troisième train de production qui s'ajoutera aux deux actuellement opérationnels», a confié le président-directeur général de Sonatrach. «Quant au second contrat, il portera sur l'exploration pour élargir le champ des puits de MNL qui renferme d'importantes réserves», a ajouté Abdelmoumen Ould Kaddour. A combien les estime-t-on?

«La production actuelle du champ MNL est de 18 000 barils/jour, celle de Ourhoud est de 100 000 barils/j et celle d'El Merk est de 110 000 barils/j» indiquent les chiffres avancés par le directeur de la division association de Sonatrach, Farid Djettou, «Le champ d'Ourhoud a atteint en novembre dernier, depuis sa mise en exploitation en 2002, une production cumulée d'1 milliard de barils en une quinzaine d'années», a fait remarquer ce haut responsable qui a affirmé que les futurs contrats avec Petramina devraient augmenter la capacité de production du champ MNL. Une «offensive» qui a été précédée par la signature le 20 décembre d'un avenant au contrat gazier d'In Amenas pour un montant de plus de 500 millions de dollars entre le groupe Sonatrach et British Petroleum (Grande-Bretagne) et Statoil (Norvège) afin d'accroître les réserves du périmètre d'In Amenas. Ces contre-attaques de Sonatrach interviennent alors que le baril a franchi les 64 dollars. Hier vers 12h00 à Alger, le baril de Brent de la mer du Nord pour livraison en février s'échangeait à 64,61 dollars sur l'Intercontinental Exchange de Londres, accusant un léger recul de 29 cents par rapport à la clôture de jeudi. Dans les échanges électroniques sur le New York Mercantile Exchange (Nymex), le baril de «light sweet crude» pour la même échéance se négociait à 58,07 dollars cédant lui aussi 29 cents. Il faut cependant signaler que le Brent a frôlé les 65 dollars après quatre séances de légère hausse consécutives.

«Les cours reprennent leur souffle après avoir frôlé des seuils symboliques, mais les pertes restent modérées», a souligné Henry Croft, analyste chez Accendo Markets. Pas de quoi en faire un plat donc. Le timing choisi par Sonatrach pour augmenter la cadence n'est pas fortuit...

In: L’Expression, du 23/12/2017

 

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