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Créée le 31 décembre 1963, Sonatrach (acronyme de «Société nationale pour la recherche, la production, le transport, la transformation et la commercialisation des hydrocarbures») est une entreprise publique algérienne. Acteur majeur de l’industrie pétrolière surnommée la major africaine, Sonatrach est classée la première entreprise d’Afrique.

Depuis plusieurs années déjà, cette compagnie intervient également dans d’autres secteurs tels que la génération électrique, les énergies nouvelles et renouvelables et le dessalement d’eau de mer. Elle exerce ses métiers en Algérie et partout dans le monde où des opportunités se présentent. De ce fait, elle est également classée 12e parmi les compagnies pétrolières mondiales, 2e exportateur de GNL et de GPL et 3e exportateur de gaz naturel.  L’année dernière, la compagnie a exporté 54 milliards de m3 de gaz naturel vers l’Europe, et table de dépasser le cap des 57 milliards de m3 en 2018.

Ne comptant pas s’arrêter là, cette compagnie ambitionne, dans sa nouvelle stratégie, de renforcer ses activités à l’échelle internationale, étant donné que sa présence dans d’autres pays, a été fort concluante,  comme c’est le cas en l’Amérique du Sud. Une présence qui fera dire à son PDG, M. Abdelmoumen Ould Kaddour, qu’«actuellement le pays le plus rentable pour Sonatrach est le Pérou», avec notamment le champ gazier de Camisea. Il a rappelé que l’entreprise est aussi présente au Niger et en Libye et qu’elle est en contact avec l’Irak qui souhaite établir un partenariat avec notre pays dans ce domaine.

Sur le plan interne, ce responsable, qui s’est exprimé à l’occasion du double anniversaire du 24 février, a indiqué que la stratégie de son groupe à l’horizon 2030, est  de «moderniser le fonctionnement de la compagnie, notamment avec l’instauration de nouveaux systèmes d’information et de communication pour permettre des prises de décisions en temps réel».

Pour son PDG, le programme de modernisation de l’entreprise est «bien avancé» tandis que les systèmes soft ont été choisis et sont en phase d’implémentation, et que d’ici la fin de l’année, les premiers résultats seront visibles. En outre, celui-ci a insisté sur la nécessité d’améliorer la communication entre les acteurs des différentes activités de Sonatrach à l’échelle nationale. «Je veux qu’il y ait plus de synergie entre les différentes activités opérationnelles et les structures fonctionnelles qui constituent l’entreprise, ainsi que plus de communication entre les responsables, et que nous travaillons tous ensemble pour le développement de la compagnie».

Interrogé sur la coopération énergétique entre l’Algérie et la Royaume-Uni, M. Ould Kaddour juge que dans le secteur énergétique, «le Royaume-Uni est bien installé en Algérie», ajoutant que «BP est un important groupe pétrolier».

Questionné sur l’ambition de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) d’établir un accord à long terme pour stabiliser les prix de pétrole, M. Ould Kaddour note que chaque pays membre de l’Organisation «a sa propre stratégie» et qu’une entente sur une ou deux années est possible, mais qu’il est plus compliqué de s’entendre sur le long terme.

Pour ce qui concerne la règle 49-51% régissant les investissements étrangers en Algérie, celle-ci ne devrait aucunement être remise en question, surtout pour un secteur aussi stratégique que celui-ci de l’énergie. Aussi, celui-ci estimera que «cette règle ne devrait pas constituer une réelle entrave aux investissements étrangers», ceci d’autant que la plupart des pays producteurs d’hydrocarbures la maintiennent comme un instrument de souveraineté auquel la majorité des grands groupes internationaux adhère sans problème. «Il est tout à fait possible d’attirer des partenaires étrangers et de relancer l’investissement sans pour autant changer ce principe qui exige une participation algérienne majoritaire dans tout partenariat économique et commercial» a souligné dans ce contexte M. Ould Kaddour, précisant néanmoins que ce qui doit impérativement être revu, pour attirer plus de partenariats étrangers, est l’aspect fiscal qui doit être rééquilibré, en précisant que «des spécialistes s’attellent» sur cette question : «De nouvelles mesures sont en cours d’élaboration».

En attendant, le groupe annonce qu’il compte investir 56 milliards de dollars dans le cadre de son Plan de développement inscrit pour la période 2018-2022. «Les détails de ce plan seront connus prochainement» a-t-on indiqué avant de spécifier que plusieurs projets devraient être réceptionnés prochainement. Ils permettront  à Sonatrach d’atteindre 135 milliards de m3 de gaz transportés annuellement et d’augmenter les capacités  actuelles, qui sont de l’ordre de 95 milliards de m3/an, dont 54 Mds de m3 sont destinés à la consommation nationale, et le reste réservés à l’exportation.

In : EL MOUDJAHID du 22/02/2018 

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