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Stratégie opérationnelle, réforme, management...

Sonatrach fait sa mue

 

C’est un virage stratégique que le groupe Sonatrach veut négocier. Le groupe public des hydrocarbures lance plusieurs initiatives à la fois pour tenter de soigner son image auprès des investisseurs et redorer son blason après moult gestes de séduction qui se sont révélés sans conséquences ces dernières années. Sonatrach devrait proposer courant 2018 une feuille de route pour son développement à l’horizon 2035. L’état de désinvestissement que connaît l’amont pétrolier et gazier et le recul net de la production primaire des hydrocarbures font basculer la compagnie publique dans le vif des consultations en prévision de sa mue. A son arrivée à la tête du groupe, Abdelmoumen Ould Kaddour disait à ses proches collaborateurs que Sonatrach était devenue une entreprise quelconque et qu’il était temps de passer à autre chose, nous disaient certains responsables à Sonatrach. Ces propos revenaient comme une prière dans les différentes interventions de l’actuel patron avec, en filigrane, un message très clair à ses proches : si vous voulez que Sonatrach sorte de la crise morale et physique dont elle souffre, il faut faire table rase de toutes les mœurs managériales jusqu’ici en vigueur et passer carrément à autre chose. Il avait déjà des idées derrière la tête ; se doter d’un plan stratégique sur le long terme avec un business plan bien détaillé, remettre Sonatrach sur la scène internationale, revoir les méthodes régissant l’investissement dans le secteur, plaider pour la réforme de la loi sur les hydrocarbures, pointer du doigt le mammouth de l’administration publique qui, par les lourdeurs bureaucratiques, était à l’origine de cette état de paralysie dont souffre la première entreprise publique. Avec lui, Sonatrach semble avoir pris un virage vers une nouvelle ère. Abdelmoumen Ould Kaddour livrait sa stratégie à moyennes doses ; investir essentiellement dans les fossiles, le schiste et l’offshore compris ; casser l’habitude bureaucratique par le retour au gré à gré ; lancer des consultations bilatérales avec les compagnies partenaires de Sonatrach en vue de faire évoluer la réglementation, aplanir l’ensemble des litiges et différends... Le group public des hydrocarbures est actuellement sur deux chantiers ; proposer sa stratégie de développement sur le long terme et suggérer une refonte un peu plus globale de la loi sur les hydrocarbures de sorte à ce que nombre d’entraves à l’investissement soient aplanies. Dans la prochaine loi sur les hydrocarbures, qui verra probablement le jour courant 2018, tout comme le plan stratégique Sonatrach-2035, il sera question éventuellement d’opérer une ouverture vers le privé national résident dans des projets pétroliers et gaziers. Il s’agira également de lever les obstacles administratifs entravant l’investissement, de faire sauter certains verrous réglementaires, de redonner la part belle aux contrats de gré à gré à même de capter davantage d’investisseurs étrangers, de proposer de nouveaux incitatifs fiscaux, dont un correctif à la fameuse taxe sur les superprofits, étant donné que les cours actuels du brut ne favorisent aucunement les notions de superprofits. En somme, l’idée est que la prochaine loi soit au diapason avec ce qui est proposé dans le domaine de l’industrie pétrolière mondiale. C’est une question de compétitivité pour Sonatrach. La compagnie aurait lancé plusieurs consultations bilatérales en vue de comprendre les attentes des investisseurs. Sur la question des litiges, les conciliabules tenus avec nombre de firmes ont abouti au règlement de 80% des différends que se livraient Sonatrach et certains de ses partenaires. Le PDG de Sonatrach voulait en faire un tremplin pour le retour de la compagnie sur la scène internationale, nous confie un responsable à Sonatrach. Autrement dit, un règlement à l’amiable des litiges jusqu’ici en suspens permettrait d’améliorer l’attractivité du domaine minier algérien et par-dessus tout aux majors pétrolières d’intégrer Sonatrach dans les bases de données aux fins de partenariats et d’investissements. Il fallait jeter les bases d’un nouveau partenariat, apaisé, stable et profitable à tous. Telle est la stratégie de l’actuelle direction de Sonatrach. Le groupe veut tirer profit des investissements mondiaux dans le secteur pétrolier, dont les signes sont en baisse, en faisant évoluer la réglementation et la nature des rapports avec ses partenaires. Il s’agit de mettre en place des atouts en vue d’une meilleure compétitivité.

Par Hakim Ould Mohamed

In : REPORTERS 08/03/2018

 

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