logo le jour

Un nouveau défi relevé par SONATRACH et ses partenaires 

Les fruits des derniers arrangements entre Sonatrach et ses partenaires Total et Cepsa se concrétisent le 27 du mois par l'inauguration du champ gazier de Timimoun.

C’est au pas de charge, mais sans «confondre vitesse et précipitation» comme il s'écrit dans les rubriques sportives, que Abdelmoumène Ould Kaddour imprime des changements, à qualifier de bouleversements, dans la société qu'il dirige, Sonatrach. Conscient que dans l’univers des hydrocarbures où, plus que partout ailleurs, «le temps c’est de l’argent», le P-dg de cette société «poumon de l’Algérie» a non seulement introduit de nouvelles méthodes de gestion, mais a aussi impulsé un nouvel état d’esprit, axé sur l’ouverture et la vision projective à long terme. 

Règlement à l’amiable de contentieux, comme ce fut le cas avec Saipem et batterie d’accords avec les grands groupes pétro-gaziers mondiaux, Ould Kaddour implante résolument sa compagnie sur le terrain de l’avenir, se délestant au fur et à mesure des boulets bloquants et des forces d’inertie en ces temps de féroce concurrence où «qui n’avance pas recule», voire disparaît. Soucieux de l’intérêt de sa compagnie et, partant, de celui de l’Algérie, il a pris résolument le taureau par les cornes pour activer un espace dormant, du moins insuffisamment rentabilisé, celui du gaz. Ainsi, Abdelmoumen Ould Kaddour a récemment déclaré que le groupe qu’il préside a adopté une stratégie visant à augmenter ses capacités productives notamment celle du  gaz industriel. 

C’est un passage obligé pour l’Algérie au vu de ses importantes réserves de gaz et les possibilités d’exportation de cette ressource par le biais des gazoducs implantés à l’Est et à l’Ouest du pays, a-t-il estimé. Sur le même registre, le P-dg de Sonatrach a relevé l’importance particulière du champ gazier de Timimoun en soutenant que l’Algérie devrait se réorienter vers une plus grande production de gaz, puisque cette source d’énergie sera utilisée davantage avec une tendance mondiale économique qui prend en considération les recommandations des COP21 et COP23.

Ce choix est rendu d’autant plus nécessaire qu’étant donné la baisse actuelle du prix du pétrole sur le marché mondial,  l’Algérie doit miser sur le gaz pour augmenter ses recettes en devises. Dans cette optique, il sera procédé après-demain 27 mars à l’inauguration du périmètre gazier de Timimoun, qui englobe les gisements de Barouda, Barouda Nord, Afflisses, Abiod, Hassi Yakour  Drina, Irharen et Irharen Sud. C’est en décembre à Alger que le groupe Sonatrach, l’Agence nationale pour la valorisation des ressources en hydrocarbures (Alnaft), le groupe français Total et la firme énergétique espagnole Cepsa ont signé un contrat de concession confirmant le nouveau cadre contractuel applicable au développement d’un projet gazier à Timimoun, dans le sud-ouest du pays. Les contrats ont été paraphés par les P-dg, respectivement, de Sonatrach, d’Alnaft et de Total ainsi que du directeur de Cepsa en Algérie, MM. Abdelmoumen Ould Kaddour, Arezki Hocini, Patrick Pouyanné et Claver Rodrigo Francisco Javier. Ce projet est opéré conjointement par Sonatrach (51%), Total (37,75%) et Cepsa (11,25%). 

Notons qu’à l’occasion de cette signature, le P-dg de Total a tenu à préciser que ce contrat était le premier à être signé par ce groupe français en Algérie depuis l’instauration de la loi 51-49% régissant l’investissement étranger en Algérie. De son côté, M. Ould Kaddour a signalé que les relations avec le groupe français «s’améliorent davantage». Rachat des parts d’ABB (Italie) dans la société Sarpi, présence de General Electric, série d’accords avec Total, le Groupe Statoil qui a récemment exprimé sa volonté de relancer son partenariat, «sont autant de preuves de l’importance qu’accordent les partenaires étrangers à la coopération avec la compagnie», alors qu’auparavant «ils ne voulaient plus rester», avait affirmé Ould Kaddour. 

Le lancement ce mardi du champ gazier de Timimoun, par-delà ses retombées financières et son impact bénéfique sur l’emploi local, est le versant palpable et matériel d’une dynamique globale loin de s’arrêter aux seuls intérêts de Sonatrach. En effet, les effets d’entraînements de cette politique d’ouverture ouvrent une large porte aux investissement directs étrangers dans tous les secteurs, le grand retour des entreprises étrangères vers la grande compagnie pétro-gazière nationale servant de modèle et de lever de verrou psychologique pour d’autres sociétés internationales encore hésitantes à franchir le pas. Pour Sonatrach, les défis majeurs sont le remplacement des réserves et l’augmentation de la production. Il est à savoir que le temps nécessaire entre le début de l’exploration et le début de production en cas de découverte oscille entre 7 ans minimum voire jusqu’à 15 années. Pour cela, une vision claire avec une stratégie adaptée pour le court moyen et long terme est plus que nécessaire pour un coût minimum de découverte, de développement et d’exploitation, en espérant un prix à la vente raisonnable pour la pérennité du secteur. Et c’est là où l’on voit que la formule qualifiant Sonatrach de «poumon de l’Algérie», surtout quand elle est entre de bonnes mains, n’est pas qu’une figure de style… 

Nadjib Stambouli 

IN: Le Jour d'Algérie du 25/03/2018

sona 0