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L’acquisition de raffinerie italienne Augusta par la Compagnie nationale des hydrocarbures, Sonatrach, a été validée vendredi dernier par la Commission européenne qui, en vertu des règles de l’Union européenne régissant ce genre d’investissements, a donné son accord préalable.

«Après examen préliminaire et sans préjudice de sa décision définitive, «la Commission estime que l’opération notifiée pourrait entrer dans le champ d’application du règlement sur les concentrations». En d’autres termes, le Groupe Sonatrach est désormais en mesure de reprendre les actifs auxiliaires détenus jusque-là par Esso Italiana S.r.l, une filiale de la société américaine Exxon Mobil Corporation.
La commission européenne  fera  savoir en outre qu’elle a reçu le 3 juillet dernier une notification traitant de la nouvelle acquisition de Sonatrach en Italie.
L’examen de cette notification a été  assorti d’un accord préalable, et ce, en attendant la décision définitive.
De cette perspective, la Commission  européenne invite les tiers intéressés à lui présenter leurs observations éventuelles sur ce projet de concentration. «Ces observations devront lui parvenir au plus tard dans un délai de dix jours à compter de la date de la présente publication», est-il précisé.
Le rachat de la raffinerie Augusta par  Sonatrach est intervenu au terme d’un processus très concurrentiel engagé, rappelle-t-on au lendemain de l’appel  d’offres lancé, en août 2017, par la filiale italienne Exxon Mobil, premier  raffineur dans le monde. «Sonatrach a  pu arracher ce contrat de trois autres partenaires», avait indiqué en mai dernier le PDG du Groupe  pétro-gazier, M. Abdelmoumen Ould Kaddour. «Nous avons acquis cette raffinerie à un prix extraordinaire, soit moins d’un milliard de dollars», a-t-il également précisé.
 Il s’est dit convaincu qu’il s’agit là «d’une bonne affaire», mettant  l’accent  sur le rapport prix, soit le montant de l’investissement dont il a illustré l’attractivité en le comparant notamment  au coût du projet de la raffinerie de Hassi Messaoud avoisinant les 4 milliards de dollars.
C’est au début de mai dernier, rappelle-t-on encore que la   compagnie  nationale des hydrocarbures   avait signé à Rome, un accord avec Esso Italiana portant sur l’achat de la raffinerie d’Augusta (Sicile) et de trois  terminaux pétroliers situés à Augusta, Naples et Palerme ainsi que de leurs systèmes d’oléoducs associés. Capable de traiter à la fois du Sahara Blend ainsi que du fuel résiduel issu de la raffinerie de Skikda, la raffinerie d’Augusta s’intégrera directement dans le système de raffinage de Sonatrach.
Elle pourra également traiter directement des produits qui sont excédentaires en Algérie en vue de réimporter des produits aujourd’hui en déficit comme le gasoil et l’essence.
Elle est dotée d’une capacité de traitement de 10 millions de tonnes par an. Ce qui en ferait la deuxième raffinerie de Sonatrach. En outre, avec l’acquisition des trois terminaux, l’autonomie de la consommation en diesel et en essence de l’Algérie est, quant à elle, augmentée de plusieurs jours de consommation.
Augusta  est une raffinerie «fiable à  hauteur de 98,1%», avaient plaidé,  quant à eux, les conseillers du PDG, M. Ould Kaddour, lors d’une rencontre avec la presse tenue au printemps dernier à Alger.  
Par la même occasion, ils ont mis l’accent sur une série d’autres opportunités qu’offre un tel investissement, le premier  du genre  à l’étranger. Des  opportunités en rapport, d’une part, avec la proximité géographique et les possibilités pour Sonatrach d’accéder  à plusieurs prises de participations,  notamment  auprès d’un  package de  raffineries  d’Europe, d’autre part.